La proposition

 
Construire une fiction à partir de fragments d’activité humaine à l’occasion d’un rendez-vous.
Les fragments sont des mots, des pensées et des images qui font notre intime quotidien qui vont devenir publics, partagés et remodelés : un rire, un souffle de fatigue, une vaisselle qui traîne, des mains jointes, des bras qui s'élèvent, des vêtements abandonnés au sol et qui sont encore emplis du corps...le lit quitté le matin et qui porte la chaleur animale de ma peau, la trace de mon dos, la marque de ma tête, de mes bras, de mon ventre....
Construire une fiction, dans ce cas, c’est commettre un acte d'intrusion au cœur du quotidien qui jusque-là passait inaperçu : commettre une histoire parce que s'approprier les traces de l'autre à son insu.
Dans ce dédale de mots, d’images de sons, deux personnes vont se rencontrer, et découvrir leur présence mutuelle au travers de leurs actions réciproquement visibles.
Que vont-ils faire de cette proposition de construction interactive : construire chacun une histoire ou bien construire une histoire commune ? utiliser les fragments proposés ou en ajouter ? saisir le tragique, le dérisoire, l'humour, le pathétique, le souffrant, contenu dans ces extraits ? L’interactivité est entendue ici comme un possible technologique, qui ne vaut que dans l’usage réellement développé par les protagonistes.
À l’issue de cette rencontre, il sera possible de conserver la trace de l’activité commune. Poursuivant ainsi la proposition initiale, les auteurs pourront à leur tour retenir de ces fragments d’histoires, glanés au hasard des affichages informatiques, la fiction finalement élaborée. Ils pourront ainsi mener à son terme l’acte d’intrusion et de reconstruction de sens à partir des matériaux proposés initialement qui sont, eux-mêmes, issus d’une démarche similaire de spoliation (extraction) de traces d’autrui.

Texte de Portna

 
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