Yves Pazat

Né en 1952
Vit et travaille à Rennes

L'usage des nouveaux modes de communication - l'internet, le fax, l'image numérique - sont généralement analysés dans leur capacité à produire une autre expérience et donc une autre lecture du réel.

Investis au sein des pratiques artistiques, on peut se demander si la mise en relation des différents moyens de signification - l'image, fixe ou animée, le texte, le son - auxquels recourent ces nouveaux media produisent réellement de nouveaux modes d'existence de l'oeuvre. En effet l'ensemble des oeuvres rassemblées sous le terme d'installation ont, depuis les années soixante, travaillé ces possibilités de croisement des registres de signes.

C'est à cette interrogation que s'est attaché Yves Pazat avec le voyageur immobile.

Les volcans sont pour lui depuis longtemps un objet de fascination mais l'intérêt pour leur spectaculaire activité a cédé la place à l'outil technologique qui permet de les approcher à distance.

Dans un premier temps appréhendé avec à l'origine d'interrogations concernant les mutations des règles de production, des systèmes de diffusion et de réception.

Un des objectifs manifestes est de tenter de matérialiser dans l'espace d'exposition les structures de l'image, la possibilité de nouveaux liens entre les informations. Dans leur flux ininterrompu, il a fallu déterminer un projet, extraire un fragment, aussi large soit-il, le stocker pour mieux en disposer.

De manière arbitraire, il a été défini de "traiter" cent sites volcaniques dans le monde. Ainsi, différentes données concernant les volcans trouvent ici leur expression graphique dans des documents photographiques à destination des spécialistes. En s'appropriant le champ de la science il s'agit d'explorer la capacité de l'art à croiser les modes de représentation. Par leur masse, la raison d'être des fichiers accumulés ici s'annule . Il s'agit de faire autrement, d'inventer d'autres modes de navigation et par là d'expérimentation. La volonté a été de rompre l'homogénéité de ce milieu, de ce flux organisé et de produire des extensions suivant des arguments divers.

A l'opposé de la photographie, les images ne sont plus analogiques mais sont tout de utilisées pour leur capacité métaphorique. Ouvertes à toute projection imaginaire, elles évoquent cependant les plus anciennes représentations de paysage.

Des ordinateurs diffusent l'ensemble des informations stockées . Cette fois, un mode de sélection provoquée par la déambulation du visiteur, permet de glisser d'un site à un autre, tentative pour échapper à l'unité que constitue à priori la base de données.

 

Dans ce projet le choix du volcan répond à une double interrogation. La représentation du paysage, dont la dimension fictive est ici accentuée, et la capacité des technologies récentes à produire un nouveau mode d'existence de l'oeuvre. Pour cela Yves Pazat propose des installations qui rassemblent différents matériaux disponibles sur l'internet. Ce réseau fonctionne comme le générateur des oeuvres qui sont à la fois des extensions de cette base de données et des structures autonomes élaborées par la matérialisation de liens divers qui sont à chaque fois à argumenter.